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Des tirs de régulation nocturnes ? |
La régulation de populations exubérantes de sangliers sur quelques territoires de Seine et Marne a été effectuée au printemps 2006 par des tirs de nuits pratiqués par des Lieutenants de Louveterie. La réaction violente d’au moins un des gestionnaires concernés s’est traduite par des lettres anonymes adressées à la presse cynégétique nationale ainsi qu’à l’ANCGG. Evidemment, les destinataires des ces courriers m’ont contacté pour me demander mon avis. Disons le tout net, j’approuve et je trouve même que nous n’avions que trop attendu. En effet, jusqu’à présent, la seule action entreprise contre les excès de certains « gestionnaires », c’était la battue administrative. Ce mode d’action a fait maintes fois la preuve de son inefficacité, car la date est connue d’avance et il est très facile de faire échec à la manœuvre en allant promener quelques chiens juste avant la mise en place. Le tir de nuit en individuel, autorisé au cas par cas par arrêté préfectoral, est bien évidemment parfaitement légal. De plus, compte tenu de son caractère sélectif, il est à la fois plus efficace et plus respectueux des populations de sangliers. |
Il y a quelques années, alors que je faisais partie du CDCFS, j’avais été amené à dire que tant que nous raisonnerions en technocrates, avec des périodes et des horaires qui ne tiennent en aucun cas compte de l’éthologie de l’espèce, nous verrions les dégâts croître et embellir. C’est bien ce qui s’est passé. Aujourd’hui, je ne peux que saluer l’initiative du DDAF qui a pris le taureau par les cornes. Bravo !!! Un seul regret, celui de voir notre règlementation bureaucratique réserver cette activité de saine gestion aux seuls Lieutenants de Louveterie. Enfin, c’est quand même un bon début !!! Quant aux polémiques initiées par les quelques « gestionnaires » concernés, je les trouve irresponsables, pathétiques et dénuées de fondement. Et que dire de la forme, des lettres anonymes adressées à l’ANCGG ainsi qu’à la presse cynégétique ! Personnellement, je me plais à « rêver » parfois du modèle allemand. L'Allemagne est un pays où les chasseurs sont directement mis face à leurs responsabilités puisque les adjudicataires sont responsables des dégâts causés sur leurs territoires. Mais c'est un pays qui, en contrepartie, leur donne toutes les autorisations possibles pour intervenir eux-mêmes dans la régulation des sangliers. Et là aussi, les résultats parlent. Les chasseurs, bien moins nombreux qu'en France (300 000 approximativement), connaissent beaucoup moins de dégâts que chez nous. Mais là-bas, les règles sont bien différentes ! Le sanglier est chassable toute l'année. Cette mesure permet aux chasseurs concernés d'agir à n'importe quel moment de l'année en cas de constatation de dégâts. Le tir de nuit est également autorisé. Les Allemands ont compris, eux, qu'il fallait s'adapter à l'éthologie du gibier, qui est connu pour être plutôt nocturne. Un autre exemple saisissant : durant le mois de juillet, lorsqu'un exploitant agricole coupe son colza, il en profite pour prévenir l'adjudicataire afin que ce dernier puisse, s'il le souhaite, mettre en place une battue simultanément. Si ce dernier ne réagit pas et que, par la suite, des dégâts sont constatés, il sera pointé du doigt. Les Allemands ont, à mon avis, regardé le problème en face et savent aujourd'hui adopter deux logiques celle de la chasse, quand ils le veulent, et celle de la régulation quand elle s'impose. Mais cela ne les a pas empêchés d'instaurer des règles, notamment en matière de sélectivité des tirs. Un affût de nuit sera réalisé en plaine et jamais en forêt pour dissuader les compagnies de s'y aventurer. L'animal « détruit » sera systématiquement un marcassin ou une bête rousse et non la meneuse. Cette dernière sera préservée pour maintenir la compagnie à l'écart des cultures durant plusieurs jours. Nous sommes bien loin du schéma français. Lorsque les gérants de golfs ou les municipalités me contactent au mois d'avril pour m'expliquer qu'un stade de foot à été ravagé par quatre sangliers, que voulez-vous que je leur réponde ? Attendez le mois de septembre ! J'ai le sentiment que notre pays a fait naître une chasse de technocrates. Les Allemands, eux, ont une chasse de chasseurs où la notion d'élite est intimement liée à celle de la connaissance. Ici, nous avons l'élite du carnet de chèque ! Le problème français est là. Le prix de l'adjudication incite le responsable à prendre le modèle d'une chasse d'actionnaires. L'avantage est évident : une source de financement de la chasse. Mais l'inconvénient l'est aussi : une politique de résultats et non de moyens et uniquement durant la saison de chasse. Résultat : l'après-saison se solde par une lourde politique d'agrainage pour gonfler au maximum les rangs des compagnies fin prêtes pour l'ouverture de la saison prochaine. En France, le chasseur n'a pas les moyens de lutter efficacement contre les dégâts de sangliers. Seule une autorisation large et souple de la chasse à l'affût après le coucher du soleil et en plaine, peut aider dans ce sens. Mais je ne me fais pas d'illusions, le modèle allemand fonctionne... en Allemagne, mais en France ? Il y a une autre différence de taille dans ce pays : la formation du chasseur. A côté de leur permis de chasser, le nôtre, même accompagné du brevet grand gibier, paraît très pâle ! Alors la question paraît si complexe que personne n'aimerait être en charge du dossier. Le modèle allemand est-il le bon ? Est-il plus ou moins applicable en France ? Les chasseurs sont-ils les vrais responsables d'une mauvaise gestion des dégâts de sangliers comme l'affirme la louveterie, voire les fédérations. Ce ne sont pourtant pas les passionnés de chasse au sanglier qui font défaut dans notre pays et encore moins les armes pour les chasser ! La loi donne-t-elle les bons moyens aux chasseurs ou est-ce aux lieutenants de louveterie de régler le problème « en sourdine » ? Et est-il admissible que la France ait autorisé tous les moyens possibles pour responsabiliser financièrement les chasseurs face aux dégâts causés par les sangliers, alors qu'elle leur interdit toujours bon nombre de moyens qui aideraient à mieux maîtriser ces populations ? Je crois que chacun d'entre vous a la réponse. PA |